Typologie

Méthode de classement des objets archéologiques par types selon leur forme et leur fabrication, afin d'organiser et de dater les industries. La typologie a longtemps structuré l'étude des outils préhistoriques.

Au XIXe siècle, les premiers préhistoriens doivent mettre de l’ordre dans des milliers d’outils de pierre. Gabriel de Mortillet propose alors de découper la Préhistoire en périodes définies par des « fossiles directeurs », des objets typiques d’une époque. Chaque période prend le nom d’un site de référence : Le Moustier pour le Moustérien, Aurignac pour l’Aurignacien, Solutré pour le Solutréen, La Madeleine pour le Magdalénien. Ces noms sont toujours en usage.

Au milieu du XXe siècle, la typologie devient plus rigoureuse. François Bordes établit une liste de types d’outils pour le Paléolithique inférieur et moyen, et Denise de Sonneville-Bordes et Jean Perrot en font autant pour le Paléolithique supérieur. Chaque outil reçoit un numéro, ce qui permet de compter, de faire des pourcentages et de comparer des sites entre eux à l’aide de graphiques.

Cette approche a nourri un débat célèbre autour du Moustérien. Bordes y distinguait plusieurs faciès, qu’il attribuait à des groupes culturels différents. L’Américain Lewis Binford proposait plutôt d’y voir des activités différentes, menées par les mêmes groupes selon les lieux et les saisons. La discussion a fait progresser toute la discipline.

La typologie a aussi montré ses limites : un outil peut changer de forme au fil de ses réaffûtages, et deux formes semblables peuvent résulter de gestes différents. Elle est désormais complétée par l’approche technologique et la notion de chaîne opératoire, popularisée par André Leroi-Gourhan, qui s’intéresse à toute la séquence de fabrication et non plus au seul objet fini.

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