Première phase du Néolithique au Proche-Orient, durant laquelle l’agriculture et les villages apparaissent avant l’usage de la poterie. On y trouve des sites majeurs comme Jéricho et Göbekli Tepe.
Néolithique précéramique
L’expression vient des fouilles menées à Jéricho dans les années 1950 par l’archéologue britannique Kathleen Kenyon. Elle y découvrit des niveaux de villages agricoles dépourvus de toute poterie et les nomma Pre-Pottery Neolithic. On distingue depuis deux grandes phases : le Néolithique précéramique A, à partir d’environ 9500 avant notre ère, et le Néolithique précéramique B, jusque vers 7000 avant notre ère.
C’est au cours de cette période que s’opère, dans le Croissant fertile, la domestication des premières plantes et des premiers animaux : blé amidonnier et engrain, orge, lentille, pois, puis chèvre, mouton, bœuf et porc. Le processus est lent, s’étale sur des siècles et a sans doute connu plusieurs foyers. Les maisons, d’abord rondes, deviennent rectangulaires au cours de la phase B. À Jéricho, une tour de pierre et un mur imposants datent de la phase A, et des crânes humains recouverts de plâtre modelé témoignent d’un culte des ancêtres dans la phase suivante.
Le site le plus spectaculaire de cette époque est sans doute Göbekli Tepe, en Turquie, avec ses grands piliers en T sculptés d’animaux, érigés vers 9500 avant notre ère. Il bouscule l’idée que les grands monuments n’apparaissent qu’après l’agriculture. Quant à Çatalhöyük, souvent cité, son occupation principale appartient en fait au Néolithique céramique ; seuls ses niveaux les plus anciens touchent à la fin du précéramique. Ces sociétés savaient pourtant façonner l’argile et le plâtre : l’absence de poterie n’est donc pas une ignorance de la matière, mais un choix technique.