Microlithe

Petit éclat retouché, emmanché en armature au Mésolithique.

Le mot associe le grec mikros, « petit », et lithos, « pierre ». Un microlithe mesure souvent moins de deux centimètres. On l’obtient à partir d’une lamelle, que le tailleur sectionne grâce à une encoche suivie d’une cassure : c’est la technique du microburin, qui laisse un petit déchet caractéristique dont la présence trahit le procédé. La pièce est ensuite retouchée en triangle, en trapèze ou en segment de cercle.

Les formes changent selon les régions et les époques, ce qui en fait d’excellents marqueurs chronologiques. En France, les préhistoriens distinguent par exemple le Sauveterrien, riche en petits triangles, nommé d’après Sauveterre-la-Lémance en Lot-et-Garonne, puis des ensembles plus récents dominés par les trapèzes, comme le Tardenoisien du Bassin parisien. Le dossier sur les industries à microlithes présente cette évolution.

Ces éléments n’étaient pas des outils à eux seuls : ils servaient de pointes et de barbelures fixées avec de la résine sur des hampes en bois. De rares flèches conservées dans des tourbières d’Europe du Nord montrent encore leurs armatures en place. Le système avait un avantage : une pièce cassée se remplaçait sans refaire toute l’arme, idéal pour la chasse en forêt et la pêche pratiquées au Mésolithique.

Les microlithes ne sont pas une invention européenne. En Afrique australe, des segments géométriques sont fabriqués il y a déjà plus de 60 000 ans, et des industries à lamelles existent dans de nombreuses régions du monde, signe d’une solution technique réinventée à plusieurs reprises.

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