C’est l’outil le plus emblématique de la préhistoire. En bref : le biface, une pierre taillée sur ses deux faces, en forme d’amande, était le « couteau suisse » du Paléolithique : il servait à couper, dépecer, gratter, creuser et percer. Un seul outil pour mille usages.

Qu’est-ce qu’un biface ?

Comme son nom l’indique, le biface est taillé sur ses deux faces jusqu’à obtenir une forme symétrique, pointue et tranchante sur presque tout son pourtour. Le plus souvent en silex, il tient bien en main et concentre une grande longueur de tranchant sur un objet compact.

Un outil polyvalent

Le biface n’avait pas une seule fonction, mais plusieurs. On s’en servait surtout pour dépecer le gibier et découper la viande, mais aussi pour gratter les peaux, couper le bois, creuser le sol à la recherche de racines ou casser des os pour en extraire la moelle. Un véritable outil à tout faire.

L’emblème de l’Acheuléen

Le biface apparaît il y a environ 1,7 million d’années et devient l’outil vedette de la culture dite acheuléenne, œuvre notamment d’Homo erectus. On en a retrouvé par milliers, de l’Afrique du Sud jusqu’en Angleterre.

Une prouesse mentale

Fabriquer un biface n’est pas anodin : l’artisan devait « voir » l’outil fini à l’intérieur du bloc de pierre avant même de frapper, et imposer à la matière une forme abstraite et symétrique. C’est le signe d’une réelle capacité de planification.

Une longévité record

Fait extraordinaire : le biface a traversé plus d’un million d’années presque sans changer de forme. Cette stabilité dit beaucoup d’une culture technique solide, apprise et transmise fidèlement, sur des milliers de générations.

Pour aller plus loin : nos dossiers Outils : de l’Oldowayen au Levallois et Homo erectus.