Campaniforme

Phénomène culturel de la fin du Néolithique et du début de l'âge du Bronze, diffusé à travers l'Europe et nommé d'après ses gobelets en forme de cloche renversée. Il s'accompagne souvent d'objets en cuivre et d'un rite funéraire particulier.

Le Campaniforme s’étend en gros entre 2900 et 2000 ans avant notre ère, de la péninsule Ibérique aux îles Britanniques, de la Bretagne à la Hongrie et jusqu’en Afrique du Nord. Son objet emblématique, le gobelet en forme de cloche renversée, porte un décor en bandes horizontales imprimé au peigne ou à la cordelette. Il est souvent accompagné d’un même « équipement » : petits poignards en cuivre, pointes de flèche en silex à pédoncule et ailerons, plaquettes de pierre perforées interprétées comme des brassards d’archer, boutons en os percés en V et premiers bijoux en or.

Le rite funéraire change aussi. Là où le Néolithique privilégiait les sépultures collectives, le Campaniforme met en avant l’inhumation individuelle, le défunt replié sur le côté avec son gobelet. Ce goût pour l’individu, l’armement et le métal annonce les sociétés de l’âge du Bronze. Il arrive pourtant que des gobelets soient déposés dans des dolmens plus anciens, réutilisés.

La nature même du phénomène fait débat depuis plus d’un siècle. S’agit-il d’un peuple en migration, d’une mode partagée, d’un réseau d’échanges entre élites ? Une origine dans la région de l’estuaire du Tage, au Portugal, est souvent proposée pour le gobelet. La paléogénétique a récemment nuancé la question : dans certaines régions, comme la Grande-Bretagne, l’arrivée du Campaniforme coïncide avec un profond renouvellement de la population, ailleurs beaucoup moins. Le Campaniforme serait donc à la fois une idée qui circule et des gens qui se déplacent. Voir la fiche Campaniforme et notre dossier sur les échanges et réseaux.

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