Acheuléen

Industrie du biface attribuée à Homo erectus et heidelbergensis.

Le mot vient de Saint-Acheul, un quartier d’Amiens où les carriers de la vallée de la Somme mettaient au jour, au XIXe siècle, des pierres taillées mêlées à des ossements d’animaux disparus. Ces trouvailles, défendues par Boucher de Perthes à Abbeville, ont contribué à prouver la très haute ancienneté de l’humanité. Le nom d’Acheuléen s’est ensuite imposé pour désigner toute une famille d’industries à bifaces, bien au-delà de la Picardie.

Les plus anciens ensembles acheuléens connus se trouvent en Afrique de l’Est et remontent à environ 1,7 million d’années. Ils sont associés à Homo erectus au sens large, puis à Homo heidelbergensis. La tradition gagne le Proche-Orient, l’Inde et l’Europe, où elle s’installe il y a environ 700 000 ans. À côté du biface, les tailleurs fabriquaient des hachereaux, outils à large tranchant transversal, surtout fréquents en Afrique, ainsi que de nombreux éclats retouchés.

Pour les préhistoriens, l’Acheuléen marque une étape décisive : produire un biface suppose d’avoir en tête une forme avant de commencer, et de la tenir sur des dizaines d’enlèvements. Au fil du temps, les pièces deviennent plus minces et plus régulières, grâce à l’emploi de percuteurs tendres en bois de cervidé ou en os.

Un débat ancien porte sur l’Asie orientale, où les bifaces semblent longtemps plus rares : simple question de matières premières, ou véritable frontière culturelle ? Les découvertes récentes en Chine nuancent ce tableau. En Europe, l’Acheuléen s’efface progressivement il y a environ 300 000 ans, au profit des méthodes du Paléolithique moyen.

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