Étude des processus qui affectent un organisme ou un objet entre son abandon et sa découverte, comme le transport, l'altération ou l'enfouissement. La taphonomie aide à distinguer l'action humaine des phénomènes naturels sur les vestiges.
Taphonomie
Le mot taphonomie vient du grec taphos, « tombeau », et nomos, « loi ». Il a été proposé en 1940 par le paléontologue soviétique Ivan Efremov pour désigner l’étude de tout ce qui arrive à un organisme entre sa mort et sa découverte. Les préhistoriens l’ont adopté parce qu’un site archéologique n’est jamais une photographie intacte du passé : les os ont pu être déplacés par l’eau, rongés par des carnivores, piétinés, dissous par l’acidité du sol.
Concrètement, le taphonome observe la surface de chaque os à la loupe ou au microscope. Les stries fines et rectilignes laissées par un tranchant de pierre ne ressemblent pas aux sillons arrondis des dents d’une hyène des cavernes, ni aux rayures provoquées par le piétinement. La proportion des différentes parties du squelette, l’orientation des ossements ou leur degré d’usure indiquent aussi s’ils ont été accumulés par des humains, par des animaux ou par un phénomène naturel.
L’histoire de la discipline compte des remises en cause célèbres. En Afrique du Sud, Raymond Dart avait imaginé que les australopithèques chassaient avec des armes en os, en se fondant sur les ossements brisés accumulés dans les grottes. Des études taphonomiques ultérieures ont montré que nombre de ces restes avaient été rapportés par des léopards et des hyènes, et que les australopithèques eux-mêmes avaient souvent été des proies. La taphonomie joue le même rôle pour juger des sépultures anciennes : un squelette complet et en connexion n’a pas forcément été enterré, et la question se pose à chaque découverte, comme le montre le dossier sur la mort et les sépultures.