Mode de locomotion consistant à se déplacer debout sur les deux membres postérieurs, trait fondamental de la lignée humaine. La bipédie apparaît chez les premiers homininés il y a plusieurs millions d'années, bien avant l'accroissement du cerveau.
Bipédie
Se tenir debout transforme tout le squelette, et c’est ce qui permet aux paléoanthropologues de repérer la bipédie sur des fossiles, même très fragmentaires. Le trou occipital, par lequel la moelle épinière rejoint le cerveau, se place sous le crâne plutôt qu’à l’arrière. Le bassin devient court et large, le fémur s’incline vers le genou, la colonne vertébrale prend une courbure en S et le pied se dote d’une voûte plantaire et d’un gros orteil aligné avec les autres.
Les indices les plus anciens restent discutés. Sahelanthropus tchadensis, vieux d’environ 7 millions d’années, et Orrorin, vers 6 millions d’années, présentent des traits qui pourraient trahir une marche debout, mais leur interprétation fait débat. Les preuves deviennent nettes avec les australopithèques : le squelette de Lucy, vers 3,2 millions d’années, et surtout les empreintes de Laetoli, en Tanzanie, laissées dans une cendre volcanique il y a environ 3,7 millions d’années, montrent des pas très proches des nôtres.
Cette bipédie ancienne n’était pas encore celle de l’homme moderne. Les australopithèques gardaient des bras longs et des doigts courbes, signe qu’ils grimpaient encore volontiers aux arbres. La marche et la course d’endurance pleinement humaines s’affirment plus tard, avec Homo erectus. Pourquoi nos ancêtres se sont-ils redressés ? Les hypothèses sont nombreuses : économie d’énergie pour parcourir de longues distances, mains libérées pour porter nourriture et enfants, meilleure vue au-dessus des herbes. Aucune ne suffit seule, et la plupart des chercheurs y voient une combinaison de facteurs, dans des milieux boisés plutôt qu’en pleine savane.