Tell

Colline artificielle formée par l'accumulation des vestiges de villages successifs bâtis au même endroit pendant des millénaires. Les tells du Proche-Orient conservent une longue histoire des premières sociétés agricoles.

Le mot « tell » vient de l’arabe et signifie « colline ». Les archéologues l’emploient pour toutes les buttes artificielles du Proche-Orient, mais on rencontre aussi les mots turc höyük et persan tepe, présents dans de nombreux noms de sites. Des tells existent également dans les Balkans, en Bulgarie et en Grèce notamment, où l’agriculture est arrivée tôt.

Leur formation s’explique par un matériau : la brique crue, faite de terre et de paille séchées au soleil. Ces maisons durent quelques décennies. Quand elles s’effondrent ou sont abandonnées, on aplanit les ruines et l’on reconstruit par-dessus. Siècle après siècle, le village s’élève au-dessus de la plaine. Certains tells dépassent ainsi une vingtaine de mètres de hauteur et renferment plusieurs millénaires d’occupation.

Parmi les plus célèbres figurent Jéricho, dans la vallée du Jourdain, dont les niveaux du Néolithique ancien ont livré un mur et une tour de pierre vieux d’environ 10 000 ans, et Çatal Höyük, en Turquie, gros village aux maisons serrées, sans rues, où l’on circulait par les toits. En Syrie, Tell Abu Hureyra a documenté le passage de la cueillette à l’agriculture avant d’être englouti par un lac de barrage.

Un tell est une archive verticale, et le fouiller pose un défi : atteindre les couches les plus anciennes impose de traverser, et donc de détruire, toutes celles qui les recouvrent. Les archéologues ouvrent souvent de longues tranchées en escalier pour lire la succession des niveaux. Ces sites sont essentiels pour comprendre la domestication des animaux et des plantes.

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