Grattoir

Outil sur éclat ou sur lame dont l'extrémité, retouchée en biseau convexe, servait surtout à racler les peaux pour les assouplir. Le grattoir est l'un des outils les plus répandus de la Préhistoire.

Le grattoir se reconnaît à son « front » : une extrémité arrondie, aménagée par une série de petites retouches régulières qui donnent un bord solide, en biseau, peu tranchant mais très résistant. Il est souvent façonné au bout d’une lame ou d’un éclat allongé, ce qui permet de le tenir en main ou de l’emmancher.

Son rôle principal est connu grâce à la tracéologie, l’étude au microscope des traces d’usure. Beaucoup de grattoirs portent le poli caractéristique du travail des peaux, parfois mêlé de grains d’ocre, utilisée comme abrasif ou pour le tannage. Gratter une peau fraîche pour en ôter la graisse et les chairs, puis l’assouplir, était indispensable pour fabriquer vêtements, tentes et sacs (voir notre dossier se vêtir de peaux et de fourrures). Certains ont aussi servi à travailler le bois ou l’os.

Le grattoir est présent dès le Paléolithique moyen, mais il devient très abondant au Paléolithique supérieur et persiste jusqu’au Néolithique. Dans la liste de référence des outils du Paléolithique supérieur, établie par Denise de Sonneville-Bordes et Jean Perrot, il occupe d’ailleurs les premiers numéros.

Il existe un débat intéressant autour des grattoirs carénés, épais et à front haut, typiques de l’Aurignacien. Les études récentes ont montré que beaucoup d’entre eux étaient surtout des nucléus servant à produire de petites lamelles, et non des outils pour racler. Un même objet peut ainsi changer de catégorie quand on l’étudie autrement.

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