Stratigraphie

Étude de la succession des couches de sédiments d'un site, dont l'ordre reflète en principe l'ordre chronologique des dépôts. La stratigraphie permet de situer les vestiges les uns par rapport aux autres dans le temps.

Le principe de base de la stratigraphie a été formulé au XVIIᵉ siècle par le savant danois Nicolas Sténon : dans une série de couches non perturbées, la plus basse est la plus ancienne. Les géologues l’ont appliqué aux roches, puis les préhistoriens du XIXᵉ siècle aux dépôts des grottes et des abris, ce qui leur a permis d’établir les premières successions de cultures. Les grands sites de référence, comme la grotte d’El Castillo en Cantabrie ou la Caune de l’Arago à Tautavel, présentent des dizaines de niveaux superposés.

La réalité est pourtant rarement aussi simple. Des animaux fouisseurs creusent des terriers, le gel et le dégel brassent les sédiments, l’eau peut emporter des objets, et les humains eux-mêmes creusent des fosses ou des tombes qui mélangent des niveaux d’âges différents. Une couche peut aussi avoir disparu par érosion. Le fouilleur doit donc observer chaque limite, chaque changement de couleur ou de texture, et repérer les perturbations avant de conclure.

C’est pourquoi la fouille moderne procède par décapages fins, en enregistrant la position en trois dimensions de chaque objet. André Leroi-Gourhan a été l’un des promoteurs de cette approche, qui permet de lire aussi les sols d’occupation à l’horizontale. Il en parle dans notre dossier « J’ai appris à lire le sol comme on lit une page ». La stratigraphie donne un ordre relatif. Pour obtenir des âges, on la combine aux méthodes de datation, comme le radiocarbone, qui s’appliquent couche par couche. Le site d’Arcy-sur-Cure illustre bien l’intérêt et les difficultés de ces lectures.

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