ADN ancien

Matériel génétique extrait de restes anciens, ossements ou dents, permettant de reconstituer les liens de parenté entre populations disparues. Son étude a révélé les métissages entre l'homme moderne, les Néandertaliens et les Dénisoviens.

Pendant longtemps, les préhistoriens ne disposaient que de la forme des os pour comparer les humains du passé. Tout change à la fin des années 1990, quand une équipe parvient à lire un court fragment d’ADN mitochondrial sur le squelette de Néandertal découvert en 1856 dans la vallée de la Neander, en Allemagne. Une décennie plus tard, en 2010, une première ébauche du génome néandertalien est publiée. Ces travaux, menés notamment sous la direction de Svante Pääbo, lui vaudront le prix Nobel de médecine en 2022.

L’exercice est délicat. Après la mort, l’ADN se fragmente en morceaux très courts et se modifie chimiquement ; il se conserve mieux dans le froid et le sec, ce qui explique la richesse des résultats obtenus en Europe et en Sibérie. Le principal ennemi reste la contamination par l’ADN des fouilleurs ou des chercheurs : les analyses se font dans des salles blanches, et l’on prélève de préférence l’os dense de l’oreille interne, le rocher, où l’ADN est mieux protégé.

Les résultats ont bouleversé l’histoire de notre espèce. Les populations actuelles non africaines portent en moyenne autour de 2 % d’ADN néandertalien, trace de rencontres il y a environ 50 000 ans. L’ADN a aussi révélé un groupe humain inconnu des fossiles, les Dénisoviens. On sait désormais extraire de l’ADN directement des sédiments de grottes, sans aucun os, et retracer les grandes migrations néolithiques. Pour aller plus loin, voir le dossier consacré à la révolution paléogénétique.

Autres termes
Partager cet article
Partager
← Tout le glossaire