Abri-sous-roche

Cavité peu profonde formée au pied d'une falaise par le recul de la roche, offrant un refuge naturel aux groupes préhistoriques. Beaucoup d'abris-sous-roche conservent d'épaisses stratigraphies d'occupation.

L’abri-sous-roche naît d’une érosion inégale : dans les falaises calcaires, certaines couches plus tendres cèdent plus vite au gel, à l’eau et au vent que les bancs durs qui les surmontent. Il se forme alors un surplomb, parfois long de plusieurs dizaines de mètres, qui protège de la pluie tout en restant ouvert à la lumière. Contrairement au fond d’une grotte, c’est un lieu où l’on peut vivre au quotidien : allumer un feu, tailler le silex, préparer les peaux, dormir.

La vallée de la Vézère, en Dordogne, en offre les exemples les plus célèbres. L’abri de Cro-Magnon, aux Eyzies, a livré en 1868 des squelettes d’Homo sapiens devenus emblématiques. L’abri du Moustier et celui de La Madeleine ont donné leur nom au Moustérien et au Magdalénien. Laugerie-Haute ou l’abri Pataud ont fourni des séquences d’occupation parmi les plus complètes d’Europe.

Pourquoi ces sites sont-ils si précieux ? Parce que les plafonds s’effondrent peu à peu. Les blocs et les éboulis tombés scellent les sols d’habitat successifs, empilant les époques comme les pages d’un livre. Les préhistoriens y lisent, couche après couche, l’évolution des outils, des gibiers et des climats. Beaucoup d’abris regardent vers le sud, ce qui suggère un choix délibéré pour profiter du soleil d’hiver.

Certains abris portaient aussi des œuvres d’art en pleine lumière, comme les frises sculptées du Cap-Blanc ou du Roc-de-Sers. Pour comprendre comment on aménageait ces refuges, voir notre dossier sur l’habitat préhistorique.

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