Art mobilier

Objets décorés transportables : statuettes, plaquettes gravées.

La distinction entre art mobilier et art pariétal remonte aux fouilles du XIXe siècle dans les abris du Périgord et des Pyrénées, où l’on découvrit des objets gravés bien avant que l’on accepte l’authenticité des peintures de grottes. Le mot « mobilier » vient simplement de « mobile » : ce qui se déplace, se donne, s’échange ou s’emporte d’un campement à l’autre.

Les matériaux sont variés : ivoire de mammouth, bois de renne, os, pierre tendre, plaquettes de calcaire, parfois argile cuite. Parmi les pièces les plus connues figurent l’Homme-lion du Hohlenstein-Stadel, en Allemagne, sculpté dans l’ivoire il y a environ 40 000 ans, la Dame de Brassempouy, dans les Landes, ou le propulseur au faon du Mas-d’Azil, en Ariège, chef-d’œuvre du Magdalénien. Les statuettes féminines, popularisées sous le nom de Vénus paléolithiques, en sont l’exemple le plus célèbre. S’y ajoutent les bâtons percés, les contours découpés en os et les plaquettes gravées d’animaux superposés.

Pour les chercheurs, l’art mobilier a un grand avantage : il est retrouvé dans les couches d’habitat, avec les outils et les restes de repas. On peut donc le dater et le rattacher à une culture précise, ce qui reste souvent difficile pour les parois. Sa large diffusion, avec des thèmes et des styles proches à des centaines de kilomètres de distance, renseigne aussi sur les contacts entre groupes. Certains objets étaient des outils décorés, d’autres n’avaient sans doute aucune fonction pratique : la frontière entre utile et symbolique reste l’une des grandes questions posées par ces pièces.

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