Science qui étudie l'évolution humaine à partir des fossiles d'homininés et de leur contexte. Elle combine anatomie, géologie, génétique et archéologie pour retracer l'histoire de notre lignée.
Paléoanthropologie
La discipline est née au XIXe siècle, quand la découverte du fossile de Néandertal en 1856 et les idées de Darwin ont obligé les savants à envisager une humanité plus ancienne et différente de la nôtre. On parle aussi en France de paléontologie humaine. Elle se distingue de l’archéologie préhistorique, centrée sur les outils et les traces d’activité, même si les deux travaillent étroitement ensemble.
Ses terrains de prédilection sont célèbres : la vallée du Rift en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie, les grottes d’Afrique du Sud comme Sterkfontein, le site d’Atapuerca en Espagne ou les grottes de Java et de Chine. Chaque fossile, souvent fragmentaire, doit être décrit, comparé et daté par la géologie du gisement.
Les outils ont beaucoup changé. Le scanner et la microtomographie permettent d’observer l’intérieur des os et des dents sans les abîmer, de reconstituer virtuellement un crâne écrasé ou d’estimer l’âge d’un enfant d’après sa croissance dentaire. Surtout, la paléogénétique a ouvert une autre voie : l’analyse de l’ADN ancien a révélé les métissages entre Néandertaliens et Homo sapiens et identifié les Dénisoviens à partir d’un minuscule os de doigt. Ces travaux ont valu à Svante Pääbo le prix Nobel de médecine en 2022.
Les débats y sont permanents, notamment sur la façon de nommer les espèces, comme le montre notre dossier sur le casse-tête des noms. L’image ancienne d’une échelle menant du singe à l’homme a laissé place à celle d’un buisson, où plusieurs espèces humaines ont souvent coexisté.