Longue période de refroidissement climatique durant laquelle les calottes glaciaires s'étendent sur de vastes régions. Les glaciations du Pléistocène ont profondément influencé les migrations et les modes de vie humains.
Glaciation
Au début du XXᵉ siècle, des géologues ont reconnu dans les Alpes les traces de quatre grandes glaciations, baptisées d’après des rivières de Bavière : Günz, Mindel, Riss et Würm. Cette nomenclature reste courante dans les ouvrages anciens, mais les préhistoriens lui préfèrent aujourd’hui les « stades isotopiques » établis à partir des carottes de sédiments marins et des glaces du Groenland et de l’Antarctique. Ces archives révèlent une histoire bien plus riche : depuis près d’un million d’années, le climat alterne, selon un rythme proche de 100 000 ans, entre de longues phases froides et de courts interglaciaires tempérés comme celui que nous vivons.
Ces cycles s’expliquent en grande partie par les variations de l’orbite et de l’inclinaison de la Terre, qui modifient la quantité de soleil reçue en été dans les hautes latitudes. Lors du dernier maximum glaciaire, il y a environ 21 000 ans, d’immenses calottes couvraient la Scandinavie et le nord de l’Amérique, et le niveau des mers était environ 120 mètres plus bas qu’aujourd’hui.
Les conséquences pour les humains furent considérables. La baisse des mers a découvert des ponts de terre, comme la Béringie entre la Sibérie et l’Alaska, empruntée lors du peuplement des Amériques. En Europe, des populations se sont repliées vers le sud de la France et la péninsule Ibérique. L’entrée de la grotte Cosquer, près de Marseille, ornée à l’époque où le rivage était loin, se trouve aujourd’hui sous la mer. Une glaciation n’est d’ailleurs pas un froid uniforme : elle est entrecoupée d’oscillations rapides. Notre dossier sur le climat et les glaciations détaille ces bouleversements.