Nous, les nouveaux venus
Je suis Homo sapiens, arrivé d’Orient au terme d’un long voyage. Sous l’abri de Cro-Magnon, mon groupe s’organise. Nos voisins néandertaliens s’éteignent peu à peu ; nous, nous prospérons. Mon front est haut, mon menton saillant, mes outils fins.
Des lames et des symboles
Je débite de longues lames régulières dans le silex, j’emmanche des pointes d’os et de bois de renne. Mais ce qui me distingue, c’est autre chose : je perce des coquillages et des dents pour en faire des colliers, je grave des signes, je sculpte. L’Aurignacien, c’est l’aube de l’art. À quelques jours de marche, dans une grotte, des mains dessinent déjà des lions et des rhinocéros.


Le feu, le récit, la nuit
Le soir, autour du foyer, les anciens racontent. La parole, le mythe, la musique, une flûte en os traîne près de moi, tissent ce qui fait de nous un peuple. Je ne le sais pas, mais nous sommes les premiers Européens véritablement modernes : de nous descendront tous ceux qui peupleront ce continent.
Le temps du travail
La journée d’un Cro-Magnon de la vallée de la Vézère est rythmée par mille tâches. On ravive le foyer, on débite un bloc de silex en lames tranchantes, on répare un épieu, on racle une peau de renne pour en faire un vêtement. Chacun, selon son âge et son savoir-faire, participe à la vie du groupe installé sous l’abri rocheux.
Chasser et se nourrir
Le renne est roi : sa viande nourrit, ses bois deviennent harpons et sagaies, sa peau habille. On chasse aussi le cheval et le bison, à l’affût près des gués. De retour au campement, le gibier est partagé, la moelle extraite, les réserves séchées pour les jours maigres. Rien ne se perd.
Ce que nous savons vraiment
Derrière ce récit se cachent des faits bien réels : les abris des Eyzies ont livré des milliers d’outils, d’ossements et d’œuvres d’art magdaléniennes. Les hommes de Cro-Magnon, nos ancêtres directs, y ont vécu il y a environ 17 000 ans. Chaque détail de cette journée imaginaire s’appuie sur ce que les fouilles nous ont patiemment appris.