Hache polie

Outil néolithique à tranchant obtenu non par taille mais par abrasion et polissage prolongés de la pierre. Emmanchée, la hache polie servait notamment à abattre les arbres et à défricher pour l'agriculture.

Polir une hache demande des heures, voire des jours de travail. La pièce est d’abord dégrossie par taille ou par bouchardage, puis frottée longuement sur une pierre abrasive, avec de l’eau et du sable. Les polissoirs, gros blocs de grès creusés de cuvettes et de rainures laissées par ce va-et-vient, se rencontrent encore dans les campagnes françaises. Le polissage donne un tranchant solide, moins fragile qu’un bord taillé, qui encaisse mieux les chocs répétés contre le bois.

Au Néolithique, la hache polie accompagne le défrichement des forêts pour les champs et la construction des maisons. Elle était fixée dans un manche de bois, souvent par l’intermédiaire d’une gaine en bois de cerf qui amortissait les coups, comme le montrent les découvertes des villages lacustres de Suisse et du Jura. Certaines roches étaient exploitées dans de véritables carrières, comme la dolérite de Plussulien, en Bretagne, dont les haches ont circulé dans une grande partie de la France.

Toutes les haches polies n’étaient pas des outils. Des haches en jadéite, extraites des Alpes italiennes autour du mont Viso, ont été transportées sur des centaines de kilomètres, jusqu’en Bretagne, en Grande-Bretagne et en Scandinavie. Souvent très longues, parfaitement lustrées et sans traces d’usage, elles étaient des objets de prestige, déposés dans des tombes ou des dépôts rituels, et parfois gravées sur les dalles des monuments mégalithiques. Elles témoignent de vastes réseaux d’échanges. Voir aussi la fiche sur l’industrie de la pierre polie.

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