Débitage Levallois, chasse organisée, premières sépultures et gestes symboliques : l’âge moustérien et ses mondes néandertaliens.

Le Paléolithique moyen est, en Europe et au Proche-Orient, celui des Néandertaliens, longtemps caricaturés en brutes et aujourd’hui reconnus comme des humains pleinement accomplis, parfaitement adaptés aux rigueurs glaciaires.

Cette période, qui s’étend d’environ 300 000 à 45 000 ans, est dominée par la culture moustérienne, riche et diversifiée.

La technique Levallois

Le débitage préparé dit Levallois marque un sommet de savoir-faire : le tailleur façonne d’abord un nucléus, puis en détache un éclat de forme prédéterminée. C’est une véritable anticipation géométrique du résultat, une « idée » dans la pierre.

La gamme d’outils, racloirs, pointes, denticulés, témoigne de tâches spécialisées : dépeçage, travail des peaux, fabrication d’épieux.

Une chasse experte

Loin de l’image du charognard, Néandertal était un chasseur redoutable de grands gibiers, chevaux, bisons, rennes, parfois mammouths, pratiquant des stratégies collectives et une connaissance fine du territoire.

Néandertal enterrait ses morts, soignait ses blessés et ornait son corps.

Les premiers gestes symboliques

Sépultures volontaires (La Chapelle-aux-Saints, La Ferrassie), usage de l’ocre, coquillages percés, plumes et serres de rapaces : autant d’indices d’une pensée symbolique bien antérieure à l’arrivée de Sapiens en Europe.

Des gravures sur os et l’étrange structure de stalagmites de la grotte de Bruniquel, datée de 176 000 ans, montrent une organisation et une maîtrise de l’espace souterrain insoupçonnées.

Un héritage dans nos gènes

Le métissage avec Homo sapiens, attesté par l’ADN, fait que les populations non africaines portent encore aujourd’hui une petite part de gènes néandertaliens, preuve ultime d’une humanité partagée.