Portrait général
L'Homme de Denisova, ou Dénisovien, est une population humaine archaïque d'Asie identifiée d'abord par son ADN plutôt que par son squelette. Cousin des Néandertaliens, il représente une humanité longtemps insoupçonnée, révélée par la génétique au tournant des années 2010.
Découverte
En 2010, l'analyse de l'ADN d'une phalange trouvée dans la grotte de Denisova, dans les monts Altaï en Sibérie, a révélé un génome distinct de celui des Néandertaliens et des humains modernes. La découverte fut menée par l'équipe de Svante Pääbo à Leipzig. Une demi-mandibule du plateau tibétain, à Baishiya, a depuis été rattachée à ce groupe.
Anatomie
Les restes physiques demeurent rares : quelques dents, fragments osseux et une mandibule. La morphologie dénisovienne est donc encore mal connue et reconstituée surtout par comparaisons et analyses moléculaires. Les dents, volumineuses, présentent des traits archaïques.
Mode de vie
Leur culture matérielle reste peu documentée. La grotte de Denisova a livré des couches occupées tour à tour par des Dénisoviens, des Néandertaliens et des humains modernes. Leur présence sur le haut plateau tibétain témoigne d'une adaptation à des environnements de haute altitude.
Place dans la lignée
Dénisoviens et Néandertaliens descendent d'une souche commune, séparée de la lignée sapiens. Le métissage a laissé des traces durables : les populations de Mélanésie, d'Aborigènes d'Australie et d'Asie du Sud-Est portent une part notable d'ADN dénisovien, atteignant plusieurs pour cent.
Débats
La définition même du groupe reste ouverte, faute de fossiles suffisants pour lui attribuer formellement un nom d'espèce. Certains proposent un lien avec Homo longi ou avec des fossiles chinois. Un gène hérité des Dénisoviens aide les Tibétains actuels à vivre en altitude.
Sites & fossiles majeurs
Grotte de Denisova (Altaï), Tibet
