Chamois
Chamois Stephan Sprinz, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons)

Portrait

Le chamois est un bovidé de montagne compact (30 à 50 kilos, 75 centimètres au garrot) reconnaissable à ses cornes fines, dressées puis recourbées en crochet vers l’arrière chez les deux sexes, et à son masque facial clair barré de noir.

Ses sabots sont l’essentiel : rebord externe dur qui accroche la roche, sole interne souple qui adhère, écartement des doigts qui répartit la charge. Il franchit des pentes où aucun prédateur ne le suit.

Vivre à la verticale

Il monte l’été jusqu’aux alpages et aux barres rocheuses, redescend l’hiver en forêt. Ce déplacement saisonnier, régulier et court, est la clé de son exploitation par l’homme : il suffit de connaître les couloirs.

Chamois
Chamois Marcin Białek, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le gibier des Pyrénées magdaléniennes

Dans plusieurs grands gisements pyrénéens, le chamois et le bouquetin représentent l’essentiel des restes de faune. Cette spécialisation dit une chose importante sur le Magdalénien : ces groupes n’étaient pas seulement des chasseurs de rennes de plaine, ils exploitaient méthodiquement l’étage montagnard, avec des campements d’altitude occupés en saison.

La chasse en montagne suppose d’ailleurs un équipement particulier (projectiles légers, approche à distance) et une connaissance fine du relief. Elle laisse peu de grandes accumulations d’os : on abat un ou deux animaux à la fois.

Lire l’altitude dans un os

La composition isotopique des dents enregistre l’altitude à laquelle un animal a brouté. Appliquée aux chamois et bouquetins d’un gisement, elle permet de savoir si les bêtes ont été tuées près du site ou rapportées d’un étage supérieur, donc si le campement était une base ou un relais de chasse. C’est l’un des moyens les plus directs de reconstituer un territoire.

Dans l’art

Il est rare sur les parois, et souvent confondu avec le bouquetin dont les cornes, bien plus longues et annelées, servent de critère. Cette discrétion contraste avec son abondance dans les rebuts alimentaires : on mangeait beaucoup de chamois, on le dessinait peu. L’écart entre ce que l’on chasse et ce que l’on représente est l’une des énigmes récurrentes de l’art paléolithique.

Le retour d’une espèce

Le chamois occupe aujourd’hui les mêmes massifs qu’au Paléolithique, mais il a failli les perdre : la chasse l’avait réduit à quelques noyaux au début du XXᵉ siècle. Sa reconquête, comme celle du bouquetin, s’est faite par protection puis réintroduction.

Pour un site archéologique, cela change la lecture des restes récents : la rareté du chamois dans les couches historiques ne dit pas un changement de climat, mais une pression humaine. Distinguer les deux causes est l’un des exercices permanents de l’archéozoologie.